Eduquer son chien : les conseils d’une éducatrice canin

By 11 août 2017Conseils

Eduquer son chien peut être un exercice plus ou moins long et délicat, surtout si votre nouveau compagnon a un lourd passé derrière lui. Aujourd’hui, on a décidé de vous présenter Mélanie Chesneau, une éducatrice canin passionnée par son métier et spécialisée dans les promenades éducatives collectives. Elle exerce sous le nom de son entreprise « Le chien Parisien » et vous propose de vous accompagner dans le suivi éducatif de votre chien.

mélanie chesneau éducatrice canin

Zoom sur le métier d’éducateur canin

 

On rêve tous de faire obéir son chien au doigt et à l’œil et de lui faire réaliser des petites acrobaties mais, parfois, la réaction de votre chien n’est pas celle que vous attendez. Pour vous aider dans l’exercice du dressage de votre animal, l’éducateur canin peut être l’interlocuteur idéal.
Dans le calvados, au refuge pour animaux de Touques, on a rencontré Mélanie, une éducatrice canin basée à Paris. Pourquoi elle vous direz-vous? Et bien, parce que Mélanie, originaire de Deauville, est particulièrement touchée par l’action du refuge et impressionnée par le travail des bénévoles, et c’est toujours agréable à entendre!

Du haut de ses 26 ans, la jeune éducatrice revient avec nous sur son parcours et nous explique brièvement les tenants et aboutissants de son métier.

Bonjour Mélanie, peux-tu nous parler de ton parcours et ce qui t’a conduit à devenir éducatrice canin ?

De manière générale, mon amour pour les animaux remonte à ma plus tendre enfance. Je n’ai pas toujours vécue en région Parisienne et j’ai eu la chance d’être issue d’une famille de cavaliers qui a constamment eu des chiens. Imprégnée par la présence de ces animaux, j’ai tout de suite développé un vif intérêt pour les métiers en lien avec eux.

J’ai d’abord étudié et obtenu un baccalauréat littéraire au lycée André Maurois de Deauville. Puis, poussée par mes proches, je suis partie à Paris pour entamer des études supérieures en cinématographie qui ne m’ont pas vraiment faite me sentir à ma place. Après une longue réflexion et pas mal de réorientations, j’ai décidé de braver les opinions de mon entourage et de faire ce qui me plaisait réellement : m’occuper de chiens.

J’ai commencé par me trouver un fidèle compagnon : Flash, un petit berger de Shettland. J’ai dû m’en occuper moi-même dès l’âge de 18 ans et contre l’avis de tous. L’amour que je porte et que je continue de porter aujourd’hui à Flash m’a poussé à me former au métier d’éducateur canin à l’Institut de Formation en Soins Animaliers de Paris. La suite logique a été de créer mon entreprise et de proposer mes services aux « propriétaires de chiens parisiens ».

C’est un parcours sorti d’une belle histoire personnelle. Peux-tu nous dire à quoi ressemble une journée type en tant qu’éducatrice canin indépendante ?

Pour exercer mon métier à Paris, il a fallu que je m’adapte à une demande particulière. Les parisiens adorent les chiens, la moitié de la population vie avec un chien, mais n’a pas forcément le temps de lui offrir de longues promenades ni de se pencher sérieusement sur son éducation. Je propose donc un service de promenades en forêt toute la semaine au bois de Vincennes ainsi que des cours d’éducation le week-end. Je viens directement chez le client chercher le chien, et je le ramène à la fin de sa promenade.

Il m’arrive d’avoir entre 5 et 8 chiens par jour, tout en sachant qu’ils sont en liberté durant la balade, ce qui me demande beaucoup de concentration et surtout d’autorité.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui rêve d’exercer ton métier ?

Je lui conseillerais de rencontrer des professionnels et de les accompagner sur leur lieu de travail. Les livres et les cours que nous suivons pour « apprendre le métier » sont assez complets mais personnellement j’ai tout appris sur le terrain auprès d’autres éducateurs, et surtout en étant en contact avec toutes sortes de chiens. Enfin, il faut s’intéresser à toutes les méthodes d’éducations, aussi bien le renforcement positif que négatif. Lisez, regardez des vidéos, documentez vous, car vous adapterez vos méthodes aux chiens que vous aurez en charge.

Tu viens d’évoquer l’éducation canine positive et négative, peux-tu nous expliquer ce que c’est et en quoi ça consiste ?

En ce qui concerne l’éducation positive ou négative, on parle plutôt de renforcement. Il s’agit d’un choix de travail qui est fait par l’éducateur. Soit on amène le chien vers ce qu’on attend de lui pour le récompenser par la suite (c’est le renforcement positif ) soit on attend qu’il effectue un mauvais comportement (tirer sur la laisse ou mordre, par exemple) pour le corriger de façon à le dissuader de recommencer (c’est le renforcement négatif.).

Toutefois attention, corriger un chien ne veut pas dire le violenter. Il s’agira, par exemple, d’un mouvement de laisse ferme appelé aussi « saccade » et accompagné d’une injonction. Cette correction fait écho chez le chien car elle s’inspire de la méthode utilisée par la mère lorsqu’il n’est encore qu’un jeune chiot.
Pour vous donner un autre exemple, si le chien s’assoit de lui même, on le récompense. S’il ne le fait pas, on attend qu’il le fasse.

Ces deux alternatives sont bonnes mais ne sont pas efficaces sur tous les chiens. Il est préférable d’éviter le renforcement négatif sur un chien introverti et anxieux, et inversement, le renforcement positif sur un chien hyper actif ne suffira pas toujours.

 

L’obéissance du chien : les astuces de Mélanie pour les animaux adoptés

 

Comme tu le sais, adopter un animal abandonné n’est pas un acte anodin. Le chien a bien souvent un passé avec lequel il faudra apprendre à composer. Au refuge de Touques, nous faisons tout pour que l’animal parte avec de bonnes bases d’éducation mais quelles aides et quel type de suivi peuvent apporter les éducateurs canins dans le cadre d’une telle adoption ?

L’éducateur canin peut intervenir avant l’adoption, directement dans les refuges, pour travailler avec le personnel sur le comportement de chaque chien et les préparer à démarrer une nouvelle vie. Il peut également se rendre disponible après l’adoption pour un suivi personnalisé sous forme de cours. Il est aussi possible d’être présent lors de l’arrivée de l’animal dans son nouveau foyer afin d’effectuer une transition en douceur et poser les bases avec les nouveaux maîtres.

Comprendre son chien peut être difficile, peux-tu donner quelques astuces aux nouveaux propriétaires pour apprivoiser au mieux un chien qui a été maltraité ?

Un chien qui a subit des maltraitances peut réagir de différentes manières, et plus on en sait sur son passé plus il sera facile d’anticiper ses réactions. Cela peut se traduire par de l’agressivité envers l’humain ou ses congénères. Cela se traduit aussi parfois par une introversion, une grande anxiété, ou encore de la destruction massive. Dans tous les cas, mon conseil est d’agir avec patience pour créer un lien avec le chien, qu’il prenne confiance en vous pour ensuite vous suivre dans un processus de rééducation. Bien entendu, l’éducateur canin peut accompagner cette rééducation en donnant aux maîtres les bons gestes et les bons réflexes à avoir.

Un chien de refuge subit de nombreux bouleversements avant d’arriver dans une nouvelle famille. Parmi les problèmes qui sont le plus souvent rencontrés après une adoption, il y a la fugue et le comportement agressif. Que recommanderais-tu aux nouveaux maîtres d’un chien fugueur ou agressif ?

Encore une fois, beaucoup de patience. Adopter un animal c’est l’aimer malgré son histoire. Cela peut prendre du temps mais on y parvient toujours. Dans le cas d’un chien, qu’il soit fugueur ou agressif, cela cache la plupart du temps un sentiment unique: la peur. Cet animal a vécu un traumatisme et il a besoin de se reconstruire. Pour cela, entourez vous de professionnels, comme des éducateurs ou des vétérinaires comportementalistes et gagnez peu à peu sa confiance. Apprenez à connaître votre chien et ne vous sentez pas impuissant. Vous ne pouvez que l’aider à s’améliorer, avec amour, mais fermeté aussi, tout en lui donnant un cadre.

Pour finir, veux-tu ajouter quelque chose à cette interview ?

Adopter un chien doit être une décision réfléchie. Il est important de faire le bon choix et de bien se renseigner sur le chien et son histoire. Cela vous permettra d’envisager l’avenir plus sereinement. Je suis persuadée que les équipes du chenil de Touques sauront vous guider dans vos choix.

Encore une fois, n’hésitez pas à vous entourer de professionnels, ils sont là pour vous accompagner dans vos démarches et vous aider à éduquer votre chien.

Pour suivre le travail de Mélanie, rendez-vous sur son site internet : Le Chien Parisien.